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Enfant de choeur à Bouzillé (1)

  • Photo du rédacteur: jeanhaie49530
    jeanhaie49530
  • 11 mars 2019
  • 2 min de lecture

Il y a soixante ans, être enfant de choeur, pour les enfants d’une petite commune comme Bouzillé, c’était une sorte de passage obligé.

Enfant de choeur du dimanche ou de semaine ? Être enfant de choeur de « semaine » était réservé à une partie des enfants du bourg car il fallait « répondre la messe » le matin aux aurores et c’était un peu « l’aristocratie » par rapport aux enfants de choeur du « dimanche » jugés « moins fiables » par le curé car sans doute moins disponibles .

Les enfants de la campagne, de par l’éloignement, ne pouvaient pas assurer le service de semaine. La tenue, à l’époque, était la soutane rouge et le surplis blanc. La soutane noire était réservée aux sépultures. Il y avait une telle quantité de boutons que mercredi était souvent avec jeudi.


L’enfant de choeur de semaine devait « répondre » la messe le matin à sept heures, du lundi au samedi. Il faut l’imaginer, les matins d’hiver, se rendant à l’église dans le froid et l’obscurité. Seul, il préparait les burettes, flacons d’eau et de vin nécessaires à l’office et répondre à la liturgie en latin que nous ne comprenions d’aucune manière. Le remplissage des burettes ? La fourniture de l’eau ne posait aucun problème. Celle du vin était autrement compliquée : si la bouteille était vide, il fallait en chercher une nouvelle dans la cave du presbytère profonde et angoissante à souhait. Il est arrivé qu’un « choriste » pris au dépourvu compléta la burette de vin avec de l’eau. Cela n’échappa pas au père curé qui, sans évoquer de blasphème, colla une belle paire de gifles au malheureux gamin.


A cette époque, les liturgies étaient nombreuses, les enfants de choeur de semaine, scolarisés en primaire, « séchaient » les cours pour participer aux sépultures ; les baptêmes et les mariages étaient souvent fixés au dimanche ou au samedi.


Les moments importants de la liturgie tels que la Semaine Sainte, Pâques ou Noël mobilisaient grandement la troupe des enfants de choeur . Tout gosses qu’ils étaient, ils devaient transporter les livres nécessaires à la cérémonie. Il advint, qu’un jour, le livre passa par-dessus la tête du servant pour finir au bas de l’autel. Nous savions que si l’officiant donnait du talon sur le plancher de l’autel, c’est qu’il était mécontent du service et, à l’issue de la cérémonie, alignés dans la sacristie, nous attendions le verdict et le châtiment, souvent « un bon savon ».

 
 
 

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